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1 Décembre

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Quelle nuit ! Quelle horreur ! Merci à touristil pour la deuxième fois. Depuis hier midi nous avons traversé une zone de basse pression. Plus de 24 heures dans une houle incroyable, des vagues de 4 à 5 mètres, ce qui est encore peu d’après Léni, qui en a vu d’autres en Asie. D’ailleurs, ils sont tous très calmes par rapport au temps, juste un peu plus affairés, ils vérifient plus de paramètres, plus souvent que d’habitude. Le commandant, « capitaine » en anglais, « pitaine » pour Jean-Pierre, vient plus souvent sur le pont, boit plus de café, plus serré, fume plus, râle aussi plus, quand il remarque un container qui a l’air de flotter en s’écartant de son voisin. Mal fixé ! Il appelle son second, une armoire à glace, rasé comme un marines qui, lui, appelle un philippin de service. On ne verra pas ce que lui va faire mais on le devine derrière le mur de containers, au ras des flots agités, en train d’affermir les attaches pour qu’il ne passe pas par-dessus bord, comme cela arrive assez fréquemment.

 

Petite inquiétude aussi quand le radar indique un bateau à proximité mais sur lequel le système d’identification ne fournit aucune information. Il arrive que ce soit un navire de guerre car ils n’ont pas cette obligation de s’identifier.

Je me sens de plus en plus mal. Je n’ai rien avalé à midi ; un morceau de saumon aussi sec qu’une trique est resté là. Je me contente du thé vert que m’apporte Noé avec un air compatissant. Noé, c’est l’aide cuisinier, notre valet comme dit Jean-Pierre, celui qui nous sert à table et fait nos chambres.

 

Je vais m’étendre quelques heures, bercé par le roulis, remonte ensuite sur le pont où il fait presque noir alors qu’il est à peine 16 heures. Les creux ont l’air encore plus profond, les vagues encore plus hautes et Vadim toujours aussi calme avec son éternel sourire. Il m’apprend à situer une zone de basse pression, par rapport au vent de face, en ouvrant le bras droit dans l’hémisphère Nord, selon un angle de plus ou moins 120 degrés. La main indique alors la zone de basse pression et par où elle s’éloigne.

 

Je retourne m’étendre en attendant le repas du soir. En voyant arriver une sorte de gratin dauphinois ukrainien avec ses deux couches de viande de porc, ses pommes de terre dans une sauce blanche où nagent de grands yeux de graisse, je n’ai que le temps de me lever et prendre congé de l’assemblée qui me regarde partir avec bien des sourires entendus. Heureusement Vadim avait eu le temps de me donner le conseil de m’installer deux oreillers de part et d’autre dans le lit à hauteur des hanches pour éviter d’être balloté d’un côté et de l’autre.

 

En entrant dans ma cabine, je découvre un véritable capharnaüm. A peu près tout est par terre. Une bouteille d’eau se promène d’un côté à l’autre de la chambre au gré du tangage, mes livres et mes cahiers s’entremêlent entre ma table de nuit et mes pompes. Dans la salle de bain, j’entends le bing bing de mon verre qui roule par terre.

 

Je me couche, il est 6h30 du soir. Je me lèverai à 6 heures du matin après une nuit aussi agitée que la mer, des cauchemars de naufrages, de moteurs qui explosent, du bateau de sauvetage inefficace parce que personne n’avait la clé du cadenas pour ouvrir la porte.

 

Je me lève en pleine forme. Depuis quelques heures, la mer est calme. J’aperçois au loin derrière nous les premiers rayons du soleil qui émergent d’une masse noire avec juste quelques volutes, celle que nous venons de quitter et que d’autres s’apprêtent à affronter.

 

C’est aujourd’hui soir que nous devrions arriver à Philipsburg, petite ville casino de l’île Saint-Martin, capitale du Sint Maartens’s Land, Etat du Royaume des Pays-Bas, zone free taxes pour touristes venus dépenser ce qu’ils ont soustrait au fisc. Ils débarquent par milliers, un arrivage en fait débarquer 15.000 en une fois, de ces énormes bateaux de plaisance, les plus gros font près de 400 mètres de long sur 60 de large, de vrais hôtels flottants.

 

Une moitié de l’île est néerlandaise, l’autre française, la seule frontière commune aux deux pays.

 

L’arrivée à notre point de rencontre avec le bateau pilote est prévue à 20 heures. Après, selon le commandant, il nous faudra encore au moins 2 à 3 heures avant d’être à quai. Même si cela peut encore changer, en fonction de l’organisation du port. Il y a déjà un autre cargo qui attend au large. Il attend quelques containers parmi les centaines que nous transportons. En fait c’est pour cela que nous venons ici, juste un transfert. Non j’oubliais aussi que nous allons décharger un énorme catamaran chargé au Havre et qui doit servir au transport de passagers entre deux îles des Antilles. 

 

Je viens d’apprendre que la plupart de  nos containers sont vides. Ils vont être déchargés dans plusieurs ports brésiliens pour y accueillir des fruits, surtout des bananes. Le reste de la cargaison, à peu près la moitié restante, est destinée à la Guyane.

 

Premier bain de soleil aussi, pas trop longtemps. Il brûle et le thermomètre indique déjà 28 degrés.

 

Parfois, la direction et la vitesse des nuages et de notre bateau se marient harmonieusement et on a l’impression de voler plus que de flotter. La grande réconciliation après le tumultueux divorce de cette nuit.

 

Jean-Pierre continue de me faire visiter sa vie, par morceaux parfois répétés. Il me parle d’un troisième fils, boulanger, en Normandie. Sa mère, est d’une famille de l’industrie pâtissière. Il a eu sa revanche sur l’ordre familial établi, et son fils aussi. L’aîné, lui, travaille dans les nougats à Montélimar.

 

J’ai un peu d’appréhension pour notre arrivée ce soir. Cela fait huit jours que nous avons quitté Le Havre. Huit jours sans communication, et je me sens merveilleusement bien. Peur des mails qui vont s’entasser sur mon blackberry comme autant de petites crottes de mouches. Je n’arrive pas à me les imaginer autrement, en ce moment précis. Je parle des mails professionnels bien sûr, pas ceux des amis ni de la famille.

 

Le mail de bord est toujours en panne, comme le deuxième radar. Au poste de commandement, on dirait que le panneau est borgne, un grand œil vert éteint. On devrait pouvoir réparer à Port of Spain, sur l’île de Trinidad, dans deux trois jours. Un technicien de la compagnie devrait monter à bord.

 

Léni me parle d’un passage entre deux îles au Japon. La mer a l’air uniforme mais en dessous du bateau, quand on entre dans le passage, il n’y a que quelques mètres de profondeur et puis, c’est la cassure, plus de 2.500 mètres de fond et c’est comme si l’eau tombait dans ce trou, comme une chute. Et quand on passe cette ligne, malgré l’uniformité de la mer, c’est comme si on se sentait aspiré vers le fonds et il faut mettre plein gaz pour sortir au plus vite de ces courants dangereux.

 

 

 

 

1 de Dezembro

 

 

Que noite! Que horror! Obrigado ao Dramin pela segunda vez. Desde ontem ao meio-dia, atravessamos uma zona de baixas pressões. Mais de 24 horas numa ondulação inacreditável, ondas de 4 a 5 metros, o que ainda é pouco, segundo Leni, que já viu piores. Aliás, eles todos permanecem calmos em relação ao tempo, apenas um pouco mais atarefados, verificando os parâmetros com um pouco mais de frequência que de costume. O comandante, « capitão » em inglês, « pitaine » para Jean-Pierre, vem com maior frequência à ponte, bebe mais café, mais forte, fuma mais, resmunga também mais, quando repara um contêiner, que parece boiar afastando-se de seu vizinho. Mal fixado! Chama seu segundo, um verdadeiro armário, raspado igual um mariner que, por sua vez, chama um filipino de serviço. Não dá para ver o que ele faz, mas pode-se imaginá-lo atrás da parede de contêineres, rente às ondas agitadas, apertando as amarras para que não caia do navio, como acontece com certa frequência.

 

Pequena preocupação também quando o radar indica um barco nas proximidades, mas o sistema de identificação não fornece nenhuma informação. Às vezes são navios de guerra que não têm a obrigação de se identificar.

 

Sinto-me cada vez pior. Não comi nada ao meio-dia; um pedaço de salmão, duro como uma pedra, ficou ali. Eu me satisfaço com o chá verde que Noé me traz com ar de compaixão. Noé é o ajudante de cozinha, nosso valete, como diz Jean-Pierre, aquele que nos serve na mesa e arruma nossos quartos.

 

Deito-me por algumas horas, ninado pelas ondas, subo de novo até a ponte onde já parece noite embora seja ainda quatro da tarde. Os cavados parecem ainda mais profundos, as ondas ainda mais altas e Vadim sempre calmo com seu eterno sorriso. Ele me ensina a localizar uma zona de baixa pressão, em relação ao contravento, estendendo o braço direito para o hemisfério Norte num ângulo de cerca de 120 graus. A mão indica então a zona de baixa pressão, assim como a direção por onde ela se afasta.

 

Volto a deitar esperando o jantar. Ao ver chegar uma espécie de gratinado ucraniano com suas duas camadas de carne de porco e suas batatas num molho branco onde nadam grandes olhos de gordura, apenas tenho tempo de pedir licença para a platéia sob os olhares e sorrisos entendidos. Felizmente, Vadim tinha tido tempo de me dar o conselho de colocar um travesseiro de cada lado, na altura do quadril, para evitar ser jogado de um lado para o outro.

 

Entrando em minha cabine, descubro um verdadeiro cafarnau. Quase tudo está no chão. Uma garrafa de água passeia de um lado para o outro do quarto ao sabor da arfagem, meus livros e cadernos se misturam entre a mesa de cabeceira e meus sapatos. No banheiro, escuto o “bing bing” do copo que rola no chão.

 

Deito, são seis e meia da tarde. Levantarei às seis da manhã depois de uma noite tão agitada quanto o mar. Pesadelos de naufrágios, de motores que explodem, do barco salva-vidas ineficaz porque ninguém tinha a chave do cadeado para abrir a porta.

 

Levanto em plena forma. Algumas horas depois, o mar está calmo. Enxergo, longe atrás de nós, os primeiros raios do sol que emergem de uma massa negra com apenas algumas volutas, aquelas que acabamos de deixar e outros se preparam para enfrentar.

 

É hoje a noite que devemos chegar a Philipsburg, pequena cidade cassino da ilha de São Martinho, capital do Sint Maartens’s Land, Estado do Reino dos Países Baixos, zona free taxes para turistas que ali gastam aquilo que sonegaram dos impostos. Desembarcam aos milhares, às vezes 15.000 de uma vez, desses enormes navios de passeio, os maiores chegam a ter 400 metros de comprimento por 60 de largura, verdadeiros hotéis flutuantes.

 

Metade da ilha é neerlandesa, a outra francesa, a única fronteira comum entre os dois países.

 

A chegada a nosso ponto de encontro com o barco piloto está prevista para às 20 horas. Depois, segundo o comandante, precisaremos ainda de pelo menos 2 ou 3 horas para chegar ao cais. Embora isso possa mudar, em função da organização do porto. Já há um outro cargueiro a espera ao largo. Ele espera alguns contêineres entre as centenas que transportamos. Na verdade, é para isso que viemos aqui, apenas uma transferência. Não, esqueci que vamos descarregar também um enorme catamarã embarcado em Le Havre e que deve servir para o transporte de passageiros entre duas ilhas das Antilhas.

 

Acabo de saber que boa parte de nossos contêineres estão vazios. Eles serão desembarcados em diversos portos brasileiros para acolher frutas, sobretudo bananas. O resto do carregamento, cerca da metade restante, está destinado à Guiana.

 

Primeiro banho de sol também, não muito longo. Ele está queimando e o termômetro já indica 28 graus.

 

Às vezes, a direção e a velocidade das nuvens e de nosso barco se casam harmoniosamente e temos a impressão de voar mais do que de navegar. A grande reconciliação depois do tumultuoso divórcio dessa noite.

 

Jean-Pierre continua a me fazer visitar sua vida, em pedaços por vezes repetidos. Fala-me de um terceiro filho, padeiro na Normandia. Sua mãe, é de uma família da indústria confeiteira. Ele teve sua revanche contra a ordem familiar estabelecida, e seu filho também. O mais velho, trabalha nos nogados em Montélimar.

 

Sinto um pouco de apreensão diante da nossa chegada noturna. Faz oito dias que deixamos Le Havre. Oito dias sem comunicação – e me sinto maravilhosamente bem. Medo dos e-mails que se empilharão no meu blackberry como cocozinhos de mosca. Não consigo imaginá-los de outra forma nesse momento preciso. Falo dos e-mails profissionais, é claro, não daqueles de amigos e da família.

 

O correio eletrônico de bordo continua estragado, assim como o segundo radar. No posto de comando, parece que o painel é zarolho, um grande olho verde apagado. Devemos consertar em Porto de Espanha, na ilha de Trinidad, daqui a dois ou três dias. Um técnico da companhia deve subir a bordo.

 

Leni me fala de uma passagem entre duas ilhas no Japão. O mar parece uniforme, mas por baixo do barco, quando se entra na passagem, só tem alguns metros de profundidade e, de repente, vem a fratura, mais de 2.500 metros e é como se a água caísse nesse buraco, como uma queda. E quando se passa essa linha, apesar da uniformidade do mar, é como se a gente se sentisse aspirado para o fundo e é preciso andar com todo o gás para sair o mais rápido possível dessas correntes perigosas.

 

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