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11 Décembre

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On est parti cette nuit, un peu brusquement. Je n’ai rien vu, à peine senti le bateau bouger, quand il a profité de la marée haute pour prendre le large. Alors je rêve, le rêve parfait, celui que j’aimerais, si on pouvait, commander toutes les nuits. Je vole, tout simplement ! Je me dirige avec de légers mouvements de mes bras, de mes mains, pour monter, descendre ou tourner. Je suis le plus souvent à hauteur du premier étage des maisons, pas plus haut, parfois plus bas. Cette nuit, j’ai eu une petite frayeur quand je suis monté trop haut. J’avais peur de ne plus pouvoir descendre. Le rêve est tellement réel que je reste longtemps dans son enveloppe, jusque tard dans la matinée. Elle est douce comme de l’ouate. Tout me protège. Et si je suis incommodé, je n’ai qu’à m’envoler. C’est tellement réel qu’au petit déjeuner, je réfléchis à une manière d’essayer, dans la réalité, si je peux voler. Par exemple en courant sur des matelas alignés, au cas où je ne décollerais pas. Ma raison a du mal à lutter contre ce rêve éveillé, à me dire que jamais je ne volerai par moi-même, rien qu’avec l’aide de mes mains. Alors je lui fais comprendre qu’elle m’embête, que je n’ai pas besoin d’elle maintenant, surtout pas maintenant et je reste dans mon cocon, assis à moitié étiré sur mon nuage d’ouate, comme ceux que je regarde sans jamais m’en lasser depuis le pont du navire. Certains s’approchent et sont à ma hauteur. Ils m’accompagnent ainsi pendant des heures, à rêver que les rêves ont la force des rêves, comme celle de voler, sur un bateau.

 

Cet après-midi, j’ai lu les dernières pages de « L’art français de la guerre », vachement bien écrit, de ces livres qui poussent à la réflexion, au sens. Je reste marqué par l’importance de la peinture à l’encre dans son livre, comme un filigrane qui permet à la pensée et au cœur d’aller au-delà de ce qu’écrit l’auteur, de s’approprier sa pensée pour en faire la sienne. Je me mets à aimer plus que toutes les autres les photos noires que j’ai prises. Sans motifs, sans représentations, ce sont probablement celles qui parlent le plus.

 

L’arrivée à Belém, c’est un peu la même chose que l’entrée à Cayenne, en plus grand bien sur, en beaucoup plus grand ! On est au Brésil ! Plus de deux heures d’approche au milieu du fleuve Para, un de ceux qui font partie de l’énorme embouchure de l’Amazone, avec le Tocantins et le fleuve Amazone, au-delà de l’île de Marajó que nous contournons.

 

Le pilote est monté à bord, exercice toujours un peu chaud, surtout quand ça bouge et ici, ça bouge, avec le courant et la marée montante, obligée pour porter le bateau avec suffisamment de fond pour qu’il ne racle pas.

 

Les lumières de la ville se rapprochent, à mesure que le fleuve se rétrécit. Le courant est fort, les petits bateaux de pêche ou simplement de passagers sont nombreux, parfois sans éclairage, l’eau peu profonde. 

Plaisir d’entendre parler brésilien. La manière d’annoncer, presqu’en chantant, à tous les bateaux qui seraient sur le fleuve de bien vouloir faire attention, et surtout de la place. Et quand un bac traverse devant nous, c’est « Oh mon gars, grouille tes fesses, j’arrive et je n’ai pas envie de freiner. Je te remercie de mettre les gaz à fond ! ». Comme un ballon de fête crevé, un avion traverse l’écran radar.

 

On avance très lentement, pas plus de 5 nœuds. Le fleuve fait certainement plus d’un kilomètre de large, peut-être même deux à certains endroits, mais le canal avec assez de profondeur ne doit pas faire plus de cent mètres et se tortille dans le lit du fleuve. Seul le pilote sait où il est, le sonar du bateau aussi qui, à certains moments, n’indique plus que quatre mètres de profondeur.

 

Au détour d’une courbe du fleuve, alors qu’on la devinait s’approcher, Belém éclate de lumières, les immeubles semblent énormes, tous illuminés. Je me dis que c’est peut-être parce que c’est Noël. Je ne peux m’empêcher de penser au gris du premier jour, dans le canal de la manche, en plein jour et cette lumière éclatante en pleine nuit, à l’arrivée. La fraîcheur du départ et cette chaleur à l’arrivée.

 

Du haut des presque 60 mètres de la tour, du château du navire, je vis le plus beau traveling de ma vie. Je ne sais plus quoi dire, plus quoi faire, bouche bée, comme une envie d’être déjà là mais surtout de ne jamais arriver. Heureusement, j’ai mon appareil photo et malgré la nuit, je tire, sans m’arrêter, essayant tous les ISO, toutes les ouvertures, en espérant qu’au moins une seule photo pourra exprimer mon émotion, et surtout la transmettre, au-delà des mots. Aujourd’hui, mon appareil photo m’a protégé, de mes débordements, de mes émotions. Mes larmes, c’est comme si elles avaient coulé à travers l’objectif. A la fin, je tirais en aveugle, le regard embué, mais je continuais quand même à tirer. La photo a sur le film l’avantage de ne rien dire de l’avant, ni de l’après, c’est juste l’instant.

 

Après avoir longé la ville près de la rive opposée du fleuve, le bateau fait une grande courbe pour repasser le long de la ville, cette fois à moins de cent mètres de la vie, de la ville. Je me sentais dans le jardin de Belém, de Bethléem et jamais je n’avais pensé qu’un jour j’arriverais dans cette ville à l’approche de Noël.

 

 

 

 

11 de dezembro

 

Partimos nessa noite, um pouco bruscamente. Não vi nada, mal senti o barco se mexer quando aproveitou a maré alta para sair ao largo. Então sonho, o sonho perfeito, aquele que, se pudesse, gostaria de encomendar todas as noites. Simplesmente estou voando! Controlo meus movimentos com meus braços e minhas mãos, para subir, descer ou virar. Estou geralmente na altura do primeiro andar das casas, não mais alto do que isso, às vezes mais baixo. Tive um pequeno susto quando subi um pouco alto demais. Tinha medo de não conseguir descer mais. O sonho é tão real que permaneço muito tempo no seu envelope, até tarde da manhã. Ele é suave como algodão. Tudo me protege. E se fico incomodado, basta sair voando. É tão real que, durante o café da manhã, penso numa maneira de tentar voar de verdade. Por exemplo, correndo sobre colchões alinhados caso eu não consiga decolar. Minha razão tem dificuldade em lutar contra esse sonho acordado, em me convencer de que nunca conseguirei voar sozinho, só com a ajuda das mãos. Então, faço-a compreender que ela me enche o saco, que não preciso dela agora, sobretudo não agora, e fico no meu casulo, sentado meio espreguiçado sobre minha própria nuvem de algodão, como aquelas que incansavelmente olho da ponte do navio. Algumas se aproximam e ficam na minha altura. Acompanham-me assim durante horas, a sonhar que os sonhos têm a força dos sonhos, como a de voar, num barco.

 

Essa tarde, li as últimas páginas de «L’art français de la guerre», tremendamente bem escrito, desses livros que levam à reflexão, ao sentido. Fico marcado pela importância da pintura com nanquim no livro, como um filigrana que permite ao pensamento e ao coração irem além do que o autor escreve, apropriando-se de seu pensar para fazer dele o seu próprio. Passo a amar mais as fotos em preto e branco que tirei. Sem motivos, sem representações, são provavelmente aquelas que mais falam.

 

A chegada a Belém é um pouco a mesma coisa que a chegada a Caiena, em maior tamanho, claro, muito maior! Estamos no Brasil! Mais de duas horas de aproximação no meio do rio Pará, um dos que fazem parte da enorme foz do Amazonas, com o Tocantins e o próprio rio Amazonas, para além da ilha de Marajó que contornamos.

 

O piloto subiu a bordo, exercício sempre um pouco tenso, sobretudo quando balança, e aqui, está balançando mesmo com a correnteza e a maré alta, necessária para suportar o barco com fundo suficiente para que ele não raspe.

 

As luzes da cidade se aproximam à medida que o rio se estreita. A correnteza é forte, os pequenos barcos de pesca ou simplesmente de passageiros são numerosos, às vezes sem iluminação, a água pouco profunda.

 

Prazer de ouvir falar português. A maneira de anunciar, quase cantando, a todos os barcos que estão no rio, que prestem atenção e deixam espaços para a gente. E quando uma barcaça atravessa à nossa frente, é assim: «Ó meu querido, mexe o teu traseiro, estou chegando e não estou com vontade de frear. Te agradeço se pisar no acelerador!». Como um balão de aniversário furado, um avião atravessa a tela do radar.

 

Avançamos lentamente, não mais do que 5 nós. Com certeza, o rio tem mais de um quilômetro de largura, talvez até dois em alguns pontos, mas o canal com profundidade suficiente não tem mais de cem metros e se contorce no leito do rio. Só o piloto sabe onde ele está, o sonar do barco também, o qual, em certos momentos, indica não haver mais do que quatro metros de profundidade.

 

Na volta de uma curva do rio, quando já a adivinhávamos, Belém explode de luzes. Os edifícios parecem enormes, todos iluminados. Penso que talvez seja porque é natal. Não posso me impedir de pensar no escuro do primeiro dia, no canal da mancha, em pleno dia, e essa luz brilhando intensamente em plena noite, na chegada. O frio da partida e esse calor na chegada.

 

Do alto dos quase 60 metros da torre, do castelo do navio, vivo o mais belo traveling de minha vida. Não sei mais o que dizer, o que fazer, de boca aberta, como uma vontade de já estar lá, mas sobretudo de nunca chegar. Felizmente, estou com minha máquina fotográfica e, apesar da noite, tiro, sem parar, experimentando todos os ISO, todas as aberturas, esperando que pelo menos uma foto poderá exprimir minha emoção – e sobretudo transmiti-la –além das palavras. Hoje, minha câmera me protege, de meus transbordamentos, de minha emoções. As minhas lágrimas, é como se corressem através da lente. No final, tiro fotos às cegas, o olhar embaçado, mas continuando mesmo assim a tirar. A foto tem a vantagem sobre o filme de não dizer nada sobre o antes, nem o depois, é apenas o instante.

 

Depois de ter costeado a cidade perto da margem oposta do rio, o barco faz uma grande curva para passar outra vez ao largo da cidade, dessa vez a menos de cem metros da vida, da vila. Senti-me no jardim de Belém, e nunca tinha pensado que chegaria a essa cidade perto do natal.

 

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